Nous sommes actuellement le 24 Nov 2017, 02:16

Le fuseau horaire est UTC+1 heure [Heure d’été]




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 6 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: Aimer est un verbe irréfléchi. [achevé]
MessagePublié: 21 Déc 2010, 21:01 
Jour 20 elouenien fingelien 379 05:22
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscrit(e) le : 27 Jan 2010, 10:54
Message(s) : 99
Voguant sur les mers qui encerclaient les fameux Ilôts Centraux en compagnie d'autres aventuriers, Nogusta se remémora alors sa dernière conversation avec Corbeau. Ce dernier avait voulu mettre en scène les moments les plus importants de sa vie. Cette pièce avait d’ailleurs remporté un franc succès au nord du pays mais avait été huée plus au sud. Son regard se perdit dans l’infinité de l’océan, tout comme l’homme à la peau bleue, accoudé plus loin contre le bastingage de ce navire fringuant qui défiait les vagues narguant et raclant sa proue. L’orage ne saurait tarder. Il remonta le col de sa chemise contre ses joues, sentant la bruine effleurer son visage et rentra dans sa cabine de fortune. Comment la pièce avait-elle commencé, déjà ? Ah oui.

Le rideau se levait tandis que Brahëldir rajustait une fausse maison en bois.

Acte I, Scène I :

Cité de Gacce, située sur la Côte sud du Pays Sinan, 361 après Fingel.


- Ah, Nogusta, je te parierai bien un Erham d’argent que tu n’atteindras jamais le bâtiment de la Guilde des Voleurs avant moi ! fit la voix fluette d’un garçonnet en désignant l’imposante bâtisse qui s’élevait sur la colline, à quelques centaines de mètres plus loin.

L’intéressé obtempéra du chef. S'ensuivit une course endiablée dans les rues de la cité portuaire, course qui s’acheva par la défaite de ce parieur trop arrogant.

Nogusta n’avait que dix fingéliens et déjà, il était considéré comme l’un des meilleurs coureurs de tous les garçons de sa Guilde. A bout de souffle, le marmot rejoignit son acolyte, tendant une pièce représentative de leur ancien roi, fondu dans de l’argent.

- Même riche à en mourir tu ne perdras jamais une occasion de t’enrichir encore plus, hin ?

Issu d’une famille des plus influentes de la Cité, les Galvacci, Nogusta passait son temps à fuir ses précepteurs dont les discours pompeux l’ennuyaient à mourir. Il les fuyait donc au profit de distraction plus à son goût, comme flâner en compagnie des enfants des rues.

- Allons, je ne vais pas te laisser partir sur une défaite, Nathan… Je te propose le même pari, mais cette fois-ci nous courrons sur les toits des maisons à notre droite ! C’est ton domaine, tu t’y connais bien mieux que moi et je te propose de doubler la mise.

Le charmant garçonnet accepta derechef… Les toits difformes étaient en soi, un véritable obstacle pour Nogusta car celui-ci était encore assez petit pour son âge. L’escalade ne fut pas des plus aisées tant il fallait se montrer le plus discret possible en plein jour. Ils s’accordèrent un bref instant de répit avant de s’élancer.

Nathan pris une certaine avance sur son compagnon jusqu’à disparaître de son champs de vision, caché par une des lucarnes bordant le toit des nombreux bâtiments de la ville. Nogusta courrait à en perdre haleine, tantôt les bras élancés vers l'avant, tantôt les bras retenus à l'arrière. Soudain, un sifflement dissonant retint son attention. S’arrêtant un instant, le jeune Sinan essaya de canaliser le point d'origine de cette voix si désagréable.

- Ssss… Notre accord est toujours valable, siffla la voix. Avec l’appui des familles de Bardecci des Assassins et de Nargacce des Nécromants, vous vous accaparerez l'exclusivité du marché bancaire et de la bijouterie à Gacce sans que le Roi lui-même n’en soit au courant…

En effet, le Roi avait interdit le monopole d'un quelconque commerce dans une cité.

- Tout à fait, une fois la conjuration des douze achevée, nous vous reverserons la moitié de la somme conclue au départ… assura une voix famillière.

Nogusta écarquilla les yeux, l’homme qui venait de répondre n’était autre que son oncle, Ernando de Galvacci, le patriarche de la famille. Les Galvacci détenaient une grande partie du commerce de bijoux, pierres précieuses et des banques sur la côte sud du pays, en concurrence directe avec l’autre famille des plus grands joailliers sinans : les Valdicceri.

A ses cotés, Luzio, son lieutenant faisait face au nécromant au corps et au visage dissimulé par de sombres et épais vêtements de fourrures diverses. Deux immenses diablotins au torse bombé protégeaient leur maître. Le jeune sinan poussa un petit cri de frayeur à leur vue, ce qui attira l’attention des deux acolytes du nécromant.

Dans un élan surhumain, l’un des deux monstres sauta vers la fenêtre, entraînant l’enfant dans sa chute. Les griffes du monstre s’agrippèrent à la chemise du petit garçon à la peau d’ébène, lui lacérant les cotes jusqu’à ce qu’il perde connaissance en heurtant l’étal d’un marchand, sur la place.

Brahëldir soufflait sur les torches et profitait de l'obscurité la plus totale pour changer les décors.

Acte I, Scène II :

Cité de Gacce, dans les appartements de la famille des Galvacci.


- "Nogusta, Nogusta…"

Il se réveilla en sueur, les cotes encore endolories, les jambes fracturées, le visage portant les vilaines marques que lui avait infligé la créature. Il se trouvait dans son lit, au petit matin, son père, furieux, se tenait les mains derrière son dos, tournant tout autour du lit comme s'il inspectait une bête de somme, prête à être vendue. Sa vue encore brouillée, commençait à se stabiliser jusqu’à ce qu’une énorme main ne lui fasse admirer le style artistique qui émanait de la fresque peinte au plafond.

- Tu… tu as osé, encore et encore !...

Le visage défiguré par la rage, Dettó des Galvacci tremblait de colère.

- Trompé la vigilance des gardes et de ton précepteur !...

La gifle retomba sur sa joue, avec une violence inouïe cette fois-ci.

- Jouer les risque-tout avec ces enfants de traînées !...

Toi, un Galvacci !

Cette fois-ci, le père pris plus d’élan pour frapper, mais le raclement de gorge et le heurtement répétitif d’une canne sur le plancher fit réfléchir plusieurs fois Dettó avant qu’il ne fasse retomber sa main dans le vide.

Ernando des Galvacci, patriarche de la famille sorti de la pénombre et fixa d’un air autoritaire son jeune frère, l’entraînant de cette manière, à faire silence. Il s’approcha doucement de lui, posant une main réconfortante sur son épaule.

- Voyons mon frère… Souviens-toi de nous… enfants… Il nous arrivait fréquemment de nous soustraire à ce quotidien des plus ennuyeux… C’est tout à fait normal à son âge.

Nogusta lança un regard suppliant à son oncle, persuadé que cela fera pencher la balance en sa faveur. En effet, Ernando avait le don de calmer les excès de colère de son cadet et de ses proches.

- Cependant… Il est vrai que Nogusta n’aurait jamais dû assister à notre rencontre avec le héraut des Narbacce.

L'enfant déglutit : bien que la Gilde des Nécromants n’ait que très peu d’influence et ne soit pas très populaire non plus au sud du pays, il était de notoriété publique que la famille des Narbacce disposait des plus dangereux nécromants de la région méridionale.

- Dettó, je veux que nous commencions à nous occuper plus sérieusement de l'éducation de cet indiscret petit rat. Il en sait déjà plus que son frère aîné sur tout ce complot.

Le sinan opina du chef, et se pencha pour baiser la bague que portait le chef de famille. Se tournant vers son jeune neveu, Ernando ordonna :

- Embrasse.

Agacé que son fils ne réagisse pas instantanément Dettó grimaça et intima à Nogusta d’obéir par des gestes nerveux de la tête.

Le jeune sinan à la peau d’ébène restait pensif quant aux projets obscurs et effrayants de son oncle à son propos. Il se ravisa aux mimiques colériques de son père et s’empressa d’embrasser la chevalière que lui tendait le chef de famille.

- Sache maintenant que le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir, c’est ta première leçon, Nogusta.

Les rideaux se fermaient.

_________________
Nogusta des Galvacci

Ex Doge du peuple sinan.

Comédien et Dramaturge selon les règles de Delharte


Merci à Feydreyah pour l'avatar !


Dernière édition par Nogusta le 31 Jan 2011, 12:01, édité 5 fois.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: Aimer est un verbe irréfléchi. [inachevé]
MessagePublié: 21 Déc 2010, 21:21 
Jour 29 elouenien fingelien 379 02:46
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscrit(e) le : 27 Jan 2010, 10:54
Message(s) : 99
Les rideaux s'ouvraient, Brahëldir manquait souvent de trébucher sur une fausse rapière, oubliée par un des acteurs.

Acte II, Scène I :

Cité de Gacce, 365 après Fingel.


Brillants de mille feux, fleurets et rapières s’entrechoquaient en rythme dans la vaste salle destinée aux entraînements des membres de la guilde des Voleurs. En vue des évènements à venir, de nombreux voleurs avaient décidé d’améliorer leurs compétences martiales. Les voleurs de bas-étages se contentaient de parfaire leurs capacités à la dague et au gourdin, tandis que les riches marchands, les nobles et les plus astucieux maniaient la rapière.

Nogusta para avec difficulté le premier coup de taille de son adversaire à l’aide de sa dague, tant le coup qui lui était adressé était violent. Il s’élança et tenta de toucher le torse de son maître d’un coup d’estoc, à la rapière, que Fiore esquiva habilement.

Fiore de Diccero était l’une des plus fines lames de Gacce et enseignait sa passion à quelques fils de la noblesse ou de riches négociants. Abandonné à la naissance, il avait réussi à rester indépendant, bien que les Guildes des Assassins et des Voleurs aient employés tous les moyens en leur mesure pour le faire entrer dans leurs rangs.

Dettó et un autre membre de la famille observaient le jeune sinan depuis les tribunes privées. Ravi que sa famille assiste à son entraînement, Nogusta, tenta une attaque complexe que l’escrimeur évita aisément. Fiore exécuta une botte que son élève ne put parer et se retrouva rapidement à terre, la pointe du fleuret de son maître sur la gorge.

- Assez, assez... Ca suffit pour la journée. Le bretteur lança une serviette à son élève et tourna talons.

Nogusta se releva difficilement. Sa main droite lui faisait toujours autant souffrir depuis l’attaque du grand diablotin il y a quatre fingéliens. Son père était allé quérir de nombreux apothicaires – un magicien, même, mais aucun d’entre eux n’arrivaient à guérir ce mal qui l’avait atteint : en effet, sa main droite n’avait pas grandie et était restée aussi petite qu’au moment de l’agression.

La sueur coulait sur tout le long du torse de Nogusta, lui maculant la chemise. Son corps affaibli tremblait à chaque mouvement, mais il n’en laissa rien paraître lorsque ses parents descendèrent tranquillement jusqu’à lui.

- Fils. Dettó et le gros homme qui l’accompagnait exécutèrent le fameux signe de salut des Galvacci en collant leur chevalière qu’ils portaient à leur index sur celle de Nogusta. Il marqua une pause.

- J’avais à te parler.

Le jeune sinan leva piteusement la tête.

- Tes précepteurs commencent à être satisfaits de toi. Il est temps que tu commences à travailler pour la famille. Ton oncle, Marelo, t’emmènera « sur le terrain », dans les contrées du Nord, de manière à te former au commerce. Ce dernier le gratifia d’un sourire jovial.

Marelo était l’oncle préféré de Nogusta. De taille moyenne, le ventre large, il était constamment de bonne humeur, toujours prêt à lancer une bonne plaisanterie. Dans sa jeunesse, il avait servit dans la garde du gouverneur. Puis, lorsqu’il commença à vieillir, il se relança dans le commerce avec ses frères.

- Nous partons demain, Nogusta ! N’oublie pas de te couvrir car il ne fait pas chaud, là-bas !
Il gesticulait, tout guilleret.

Les rideaux se fermaient.

Acte II, Scène II :

Dans les hautes montagnes, non loin du Trépont, deux semaines après.


Le convoi mené par Marelo avançait lentement dans les montagnes, à cette période de l’année, la neige tombait dru, ralentissant les voyageurs et amenant fréquemment bandits sur les routes communes. Mais le gros négociant avait tout prévu ; il avait engagé quelques mercenaires comme gardes de caravanes ; un membre de la Guilde des assassins était même de la partie.

Nogusta était à la fois hypnotisé et fasciné par ce paysage montagnard. Il n’était jamais allé aussi haut et n’avait jamais vu cette chose blanche et froide que les autochtones nommaient la neige. Il n’avait jamais eu aussi froid. La neige n’avait jamais saupoudré Gacce et les alentours.

Marelo arrêta son destrier et s’écarta de la file, assez longtemps pour que Nogusta le rattrape. L’oncle adressa un sourire réjoui au neveu.

- C’est pas beau, ici ?

Il désigna un petit point noir, à l’horizon.

- Tu vois, d’ici-là nous pouvons apercevoir notre prochaine étape, la ville entre les montagnes. Admire l’architecture des remparts et la disposition des rues, mon neveu !

Nogusta plissa des yeux.

- Mon oncle… Je ne vois rien…

Marelo tendit brusquement le cou d’étonnement.

- Allons ! Tout le monde sait que les Galvacci ont des yeux d’aigles !
Il tapota plusieurs fois son orbe. Tu ne peux être un Galvacci si tu n’arrives pas à percevoir une si grande cité de si près…

Devant la mine déconfite de Nogusta, le marchand éclata de rire en lui frappant la jambe.

- Je plaisante, mon garçon ! Je connais ce chemin par cœur, et, crois-moi, tu vas être étonné en arrivant là-bas. Du moins… si personne de plus mal intentionné que nous ne croise notre route…

L'acteur riait d'un air gras, ce qui permettait à Brahëldir de fermer les rideaux de manière spectaculaire.

Acte II, Scène III :

Cité nordique, après les montagnes, quelques heures après.


- Approchez, approchez ! Les merveilles des Galvacci ont traversées toutes les Landes pour venir jusqu’à vous ! Les elfes se battent pour les posséder, les nains lâchent leurs tonneaux de bière à leur pensée, les galdurs jettent leurs armes pour les admirer et les Hommes Bleus cessent leurs chants à leur arrivée ! Vous en avez toujours rêvé, belles dames et gentils seigneurs ? Alors n’hésitez plus, les voici ! Clamait la voix forte de Marelo à travers la place marchande, tandis que Nogusta aidait les artisans à décharger leur cargaison et poser les bijoux sur les étals.

Nombre de gens accouraient pour découvrir ces fameux bijoux. Nogusta mémorisait tout ce qui pouvait différer de la cité de Gacce : Architecture, visages, habits, rangs sociaux…

Un gros négociant achetant un collier pour satisfaire sa maîtresse, un membre de la gilde des nécromants à la recherche d’un objet d’une quelconque utilité magique, le maigre serviteur d’un nobliau, un voleur indépendant prêt à se jeter sur l’étalage à la moindre occasion, un…

Un magnifique visage d’une petite fille en pleine adoration sur une bague hors de prix.

La bouche grande ouverte du jeune sinan prouvait que cette fillette lui faisait de l’effet. Ses yeux d’un vert des plus purs se réfléchissait sur l’émeraude sertie sur la bague.

Elle secoua la tête comme pour montrer qu’elle ne pourrait jamais s’offrir un objet de cette valeur et parcouru du regard les commerçants, jusqu’à s’arrêter sur Nogusta qui la regardait toujours d’un air béat.

Elle lui sourit
. . . . . . . . . D'un petit sourire triste
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mais qui pénétra le coeur de Nogusta si profondément
Qu'il en tomba à la renverse.

Il voulait se relever, courir jusqu’à elle et lui offrir cette bague… Mais un cri étouffé retentit :

- Asma-Anna ! Rentre à la maison tout de suite !

La petite sinane soupira et s’en retourna d’un air contrit vers le propriétaire de cette voix, laissant Nogusta planté, là, seul, au milieu beau milieu de la foule tandis que les rideaux se fermaient.

_________________
Nogusta des Galvacci

Ex Doge du peuple sinan.

Comédien et Dramaturge selon les règles de Delharte


Merci à Feydreyah pour l'avatar !


Dernière édition par Nogusta le 02 Fév 2011, 16:19, édité 5 fois.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: Aimer est un verbe irréfléchi. [inachevé]
MessagePublié: 21 Déc 2010, 22:10 
Jour 20 elouenien fingelien 379 05:25
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscrit(e) le : 27 Jan 2010, 10:54
Message(s) : 99
Les rideaux s'ouvraient.

Acte III, Scène I :

Cité de Gacce, Fingel 370 :


- Père, père ! Orõsta est de retour ! cria Andréa, la jeune sœur de Nogusta, en courant dans les gigantesques couloirs de la Guilde des Voleurs, annonça l’arrivée de son frère.

En effet, l’héritier des Galvacci revenait d’un voyage de plusieurs fingéliens dans des contrées étrangères. Il semblerait que les affaires aient plutôt marchés puisque la caravane débordait de trophées et bijoux exotiques. Ernando était stérile, de ce fait, la place de patriarche revenait à Orõsta, fils ainé de Dettó. Le successeur mit pied à terre et s’approcha de sa famille pour les serrer dans ses bras.

- Orõsta… Que c’est bon de te revoir… Nous allons avoir grand besoin de toi, prochainement. Dettó enlaça son fils.

Tu as reçu ma lettre ?

Le sinan opina du chef.

- Quand est-ce que l'attaque aura lieu, père ?

Il n’eut pas le temps de répondre, sa fille, Andréa pressait déjà son frère de questions :

- C’est vrai, tu as vu des elfes ? Et des nains aussi ? Sont-ils si petits qu’on le prétend ?

Le commerçant à présent aguerri sourit.

- Tout cela, petite sœur, oui… Et bien plus encore. Il fit une pause. Je ne vois pas Nogusta, il travaille ?

- Nogusta n’est plus le même depuis que cette petite garce l’a ensorcelé, répliqua sa tante, Debbrà, il reste solitaire et se soustrait à tout travail… Il a même tenté de fuguer pour partir vers le Nord.

- Allons, je l’emmènerai voir les filles de la joie de Briza et il oubliera sa donzelle !

- Il vaudrait mieux éviter les catins de Briza, rétorqua Gorden, elles sont de mèches avec les Galdicceri, j’en suis sûr !

- Pour une fois, le vieil oncle Gorden n’a pas tord, confirma Ernando. De nombreuses fêtes sont données en ce moment, vous devriez y trouver votre content d’amusements et de femmes…

C’est ainsi que Nogusta et son frère Orõsta furent rapidement connus de la noblesse gaccerienne, fréquemment invités aux soirées mondaines de la cité, tantôt pour des raisons diplomatiques, tantôt pour des raisons économiques, ou tout simplement pour des raisons corporelles.

Dans les bras des filles de la noblesse ou des filles d’aubergistes, Nogusta commençait à perdre peu à peu cette tristesse qui le rongeait depuis quelques années déjà mais il n’avait jamais fait de promesse à aucune de ces femmes. En effet, Nogusta s’était juré de retrouver un jour cette petite fille qui l’avait charmé au premier regard, d’en faire une reine, oui… Il comptait bien la délivrer au plus vite de cet enfer blanc et glacé.

La salle s'obscurcissait de manière à ce que Brahëldir change les décors.

Acte III, Scène II :
Cité de Gacce, Fingelien 371 :


Une ombre furtive se déplaçait entre les ruelles étroites du quartier des voleurs. Les maisons semblaient s’allonger démesurément comme si les portes étaient prêtes à lui vomir une horde de démons dessus. La capuche se plissait sans cesse de gauche à droite comme pour vérifier si personne ne le suivait, persuadé que quelqu’un ou quelque chose l’espionnait.

L’orage grondait au loin, cherchant sa proie à l’aveuglette, déchirant le ciel obscur de ses griffes lumineuses, éclairant le chemin du coursier, comme pour lui montrer qu’il ne pourrait échapper à la colère divine, le regard perpétuellement rivé sur lui.
Il atteignit la maison des Galvacci, frappa deux fois et attendit, nerveux.

- Entrez, entrez. La porte est ouverte… Rejoignez-nous au premier étage, je vous prie, fit une voix au dessus de sa tête.

Le messager ne se fit pas presser et grimpa les marches d’escalier quatre par quatre. Les membres les plus influents de la famille se tenaient près du feu, attendant des nouvelles de l’homme. Ce dernier tendit plusieurs missives au patriarche de famille.

- Messire, voici les preuves que la famille des Nargacce a récupéré pour anéantir définitivement les Valdicceri et prendre le contrôle de Gacce.

L’intéressé hocha simplement de la tête.

- Très bien, nous agirons dès demain.

Brahëldir renversait toujours quelques seaux d'eau sur les bâtiments.

Acte III, Scène III :

Cité de Gacce, Fingelien 371, le lendemain :


Les nuages pleuraient de toutes les larmes de leur corps, déchaînant ainsi cette pluie torrentielle qui frappa la ville de Gacce en ce début de matinée, laissant déborder de tristesse le fleuve local, l’Hydre. Des torrents de sanglots amers jaillissaient des chéneaux de la Guilde des Voleurs, tandis qu’une âme en peine courait comme si les deux Enfers étaient à ses trousses. La blessure qui saillait sa cote s’était rouverte pendant la course et il dû à plusieurs reprises passer sa main sur la plaie pour éviter de perdre trop de sang.

Deux énormes loups tout droit sortis de contes pour enfants pistaient le pauvre erre grâce à l’odeur de son sang qui se répandait tout le long de la route, tâchant l’œuvre pluviale. Le jeune homme criait en vain des appels à l’aide, brisant le silence de la pluie, mais il n’eu que des retours saccadés de la tempête estivale. Des tâches de sang, de sueur et de larmes salées, brouillées avec celle des cieux maculaient ses vêtements, sa peau noircie par la haine se détériorait petit à petit. Le quartier général de la Guilde n’était plus très loin, mais sa jambe lui faisait horriblement souffrir.
Alors qu’il se retournait pour vérifier qu’il avait bien semé les deux monstres cornus, une gueule béante jaillit et enveloppa son champ de vision. Le corps sans tête vacilla et tomba dans les ténèbres, laissant tomber une lettre écrite à la hâte:

Citer:
Mon oncle,

La famille des Narbacce nous a trahis, elle jouait un double-jeu depuis que nous avons organisé cette conjuration, montant ainsi une conspiration avec la famille des Valdicceri pour nous rayer de la carte et prendre le pouvoir. Cependant, le nouveau dirigeant de leur famille a cesse de ces conflits qui persistent depuis des générations et des générations. Il propose de marier sa jeune sœur, Gretta, à l’héritier de la famille, de façon à créer une alliance et anéantir cette haine qui n’a que trop duré. Cela n'a pas plu aux Narbacce qui ont dépêchés deux de leurs créatures pour me débusquer avant que je ne vous prévienne. Dans le doute, j'ai préféré garder une trace écrite de ce qu'il s'est passé.

Votre dévoué,

Orõsta des Galvacci.


Le narrateur, généralement Delharte, lisait cette lettre d'une voix lente et monotone, tandis que les rideaux se fermaient lentement.

_________________
Nogusta des Galvacci

Ex Doge du peuple sinan.

Comédien et Dramaturge selon les règles de Delharte


Merci à Feydreyah pour l'avatar !


Dernière édition par Nogusta le 31 Jan 2011, 12:04, édité 2 fois.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: Aimer est un verbe irréfléchi. [inachevé]
MessagePublié: 22 Déc 2010, 12:13 
Jour 20 elouenien fingelien 379 05:27
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscrit(e) le : 27 Jan 2010, 10:54
Message(s) : 99
Brahëldir oubliait toujours d'installer une chaise supplémentaire, un acteur était encore debout alors que les rideaux étaient déjà ouverts.
Acte IV, Scène I :

Cité de Gacce, Fingelien 371, quelques jours après la découverte du cadavre.


La famille était réunie au grand complet, ce qui n’arrivait pas tous les jours : première, seconde et troisième générations siégeaient à cette table ronde utilisée uniquement lors des grandes occasions. Tout le monde… sauf un : Orõsta , l'héritier des Galvacci n’était plus de ce monde, à vingt cinq fingeliens déjà, il avait rejoint ses ancêtres. Ernando avait décrété l’état d’urgence, l’heure était grave, il fallait agir au plus vite même si les débats de famille n’étaient pas la chose la plus aisée à entreprendre.

- Si je vous ai réuni ici, c’est que nous avons à discuter de l’avenir. Nous avons été trahis, humiliés et attaqués par la famille des Narbacce, lors de notre confrontation avec les Valdicceri. Orõsta a sacrifié sa vie pour nous permettre de continuer à vivre, mais, à présent, il va nous falloir nous décider. Devons-nous accepter leur offre, la refuser et continuer cet éternel combat ou allons-nous approuver ce mariage mais trouver un moyen de leur rendre leur couteau dans le dos ?

- Oui ! L'art d'être tantôt prudent et tantôt audacieux est l'art de réussir ! déclara Marelo.

- Si l’on suit notre système hiérarchique, c’est à Nogusta que revient la place d’héritier, et, donc, il se devra d’épouser la fille des Valdicceri pour que cette guerre cesse, intervint Antonio, un cousin banquier.

- Nous pouvons tout reconstruire sur de bonnes bases avec les Valdicceri, ajouta Detto. C’est une expérience à bien prendre en considération.

- L’expérience est bien l’euphémisme dont vous vous servez pour baptiser vos erreurs, railla Tendra, un jeune gandin arrogant.

Detto le fusilla du regard, comme il savait si bien le faire, la troisième génération n’avait le droit de parole uniquement si leurs aînés la leur donnait.

- Bien, tout le monde est d’accord ? Nogusta se devra d’épouser Brizza, pour sauver notre honneur et nous permettre de remonter vers la prospérité.

L’assemblée acquiesça comme un seul homme.

Nogusta était vraiment troublé par ce qu’on lui intimait de faire : après 6 fingéliens, il comptait toujours retrouver cette petite fille, croisée dans ce village nordique, à la lisière de la frontière eldoriane. Non, il n’avait jamais oublié son serment fait à lui-même. Comme s’il lisait les pensées de son neveu, Marelo se pencha vers lui en lui disant que le meilleur moyen de tenir ses promesses était de ne jamais en faire. Nogusta comprenait bien, mais il était irrésistiblement attiré par elle.

- Non ! cria Nogusta, d’une voix fluette, le visage presque aussi pâle qu’un elfe.

C’est hors de question, je n’épouserai pas cette Brizza, quelque soit son rang ! Elle plaira peut-être à mes yeux, mais elle ne touchera jamais mon cœur.

Le visage rouge de colère et de honte, Detto se précipita vers son fils indigne pour le frapper violemment à l’aide de sa canne :

- Comment oses-tu ?! Tu te comportes encor et encor comme un enfant gâté ! Nogusta, tu m’entends ? Je te déshérite, tu ne fais et ne fera plus jamais parti de la famille !

Ernando et Nadîah, la mère de Nogusta essayèrent de contenir le père violent avant qu’il n’éclate, tant sa rage était dangereuse.

Nogusta s’enfuit, tel un chien battu chassé par son maître.

Brahëldir tendait à Nogusta quelques bandages avant qu'il ne quitte la scène - les coups de son collègue étant trop réalistes à son goût.

Acte IV, Scène II :

Cité de Gacce, quelques instants après.


Nogusta n’avait nulle part où aller. La nouvelle allait se répandre comme une traînée de poudre dans toute la ville, obligeant les nobles et autres bourgeois qui éprouvaient une lueur de sympathie à son égard à refuser l’asile. Soudain, un enfant jaillit, au coin d’une ruelle, poursuivi par un autre. Il se rappela alors des courses avec son ami d’enfance, le garçon des rues, Nathan. Il lui arrivait fréquemment de lui fournir une dérogation pour ces soirées mondaines organisées par la noblesse en lui fournissant l’équipement adéquat. Peut-être accepterait-il de l’héberger, le temps que la colère de son père cesse.

Sa famille, une bande de comédiens itinérants, avait établis leur camp en dehors des murs de la ville. Aussi s'empressa-t-il de les rejoindre.

Acte IV, Scène III :

Campement de la famille de Nathan, à l’extérieur de Gacce, dans la soirée.


Nogusta retrouva son compagnon et sa famille en leur exposant son problème. Ces derniers se contentèrent de sourire en lui disant qu’il était le bienvenu et qu’il pourrait rester le temps qu’il voudrait à condition qu’il travaille comme les autres pour avoir le droit de rester ici. Nogusta accepta sans trop se poser de questions.

- Maintenant, passons aux présentations ! Voici toutes les personnes travaillant sur les comédies à Delharte, mon père.

Il désigna celui qui semblait être le chef de famille.

Voici Delharte, mon père. Il met en scène nos comédies et construit les décors accompagné de mon frère, Brahëldir. Les intéressés le saluèrent aimablement de la tête.

Falargield, ma mère. Elle s'occupe principalement des costumes mais prépare aussi à manger, passe le balai, nettoie les bêtes, raccommode les décors cassés et les tissus déchirés, apporte de quoi boire...

- J’ai préparé un plat à base de pain et de porc, jeune Nogusta. C'est fait uniquement sans d’ouitche, on peut rajouter tout ce que l’on veut dedans mais en aucun cas cette espèce de poisson !

Corbeau, écrit nos drôleries. Un sinan au crâne dégarni et aux cheveux ondulés salua le fils disparu.

- Votre histoire m’inspire, jeune Nogusta !

Roux-sot rédige des pamphlets des plus éloquents mais sait aussi faire admirablement bien le pitre ! Il souleva sa toque faite de fourrure de putois.

- Le pouvoir au peuple !

Brouet, elfe, célèbre musicien et philosophe à ses heures perdues. Il s’inclina.

- J ’ai joué à la cour du Roi lui-même.

Molaire est une de nos meilleures comédiennes et dramaturges. Elle leva les yeux au ciel d’un air faussement désespéré.

- On m’a appelé comme ça parce que je suis la grosse du fond.

Cascade est montreuse d’ours. Elle a aussi quelques dons en nécromancie, de manière à faire vivre ses personnages sous forme animale. Elle est allée nourrir son lion avec quelques rats à l’instant, tu feras bientôt sa connaissance.

Voici Branche, poète tragique. Ta famille aurait subsisté à cette attaque si elle n'était constituée de gens comme Branches et non de racines.

- Vous ne vous êtes pas sacrifié pour votre patri... famille ? C'est honteux.

- Quant à moi je suis assez polyvalent, mais j’ai un très bon regard critique sur les œuvres de Corbeau et de Roux-sot, assura Nathan.

Les comédiens en profitèrent pour saluer le public.

Nogusta s’intégra parfaitement bien à la vie de comédien, commençant par occuper les seconds rôles, portant les costumes de Falargield, en compagnie des animaux de Cascade, de Molaire et de Nathan, guidé par le son mélodieux des instruments de Brouet, sous les magnifiques décors de Brahëldir. La troupe remportaient souvent un succès considérable là où ils allaient, Nogusta se plaisait à divertir paysans et nobliaux, que ce soit de façon comique ou bien tragique.

Mais la vie de comédien n’était pas tous les jours évidente. De nombreuses disputes éclataient entre Brouet et Roux-Sot : le musicien reprochait le manque d’élégance au dramaturge : en effet, ce dernier était constamment attifé d’habits en fourrure qui dégageaient une pestilence à en faire envier les créatures de Cascade. Certains seigneurs n’appréciaient guère la tournure que prenaient certaines scènes, jugées souvent trop provocantes à leurs yeux et les chassaient fréquemment de leur domaine.

Les rideaux se refermaient rapidement.

_________________
Nogusta des Galvacci

Ex Doge du peuple sinan.

Comédien et Dramaturge selon les règles de Delharte


Merci à Feydreyah pour l'avatar !


Dernière édition par Nogusta le 31 Jan 2011, 12:06, édité 3 fois.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: Aimer est un verbe irréfléchi. [inachevé]
MessagePublié: 25 Déc 2010, 16:31 
Jour 26 elavrion fingelien 379 01:38
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscrit(e) le : 27 Jan 2010, 10:54
Message(s) : 99
Tout allait si bien, depuis... Et il eu fallut qu'un petit grain de sable vienne perturber tout l'ordre établi et déclencher un éboulement. Nogusta soupira. Comment cela avait-il pu se passer ? Il fouilla dans sa mémoire, accoudé contre un hublot, le regard toujours aussi vide.

Frontière septentrionale du pays sinan, fingelien 375

Cela faisait déjà quatre fingeliens que Nogusta avait rallié la Comédie à Delharte et il ne s’était jamais senti aussi vivant qu’auparavant. Il n’avait plus à souffrir de ses troubles sentimentaux, au contraire, une idylle entre lui et Cascade s’était formée en dépit de tout : Nogusta répugnait à la pratique de la nécromancie depuis la mort de son frère aîné, Orõsta. Il commença par ailleurs à prendre goût à réanimer des animaux, se limitant pour le moment à de simples rongeurs ou de petits volatiles, ce qui ne laissait que trop peu de choix pour des représentations théâtrales. Toute la troupe en fut rapidement informée mais ne s’en étonna pas trop : Cascade était naturellement connue pour ses talents naturels de séductrice et en avait charmé plus d’un dans la troupe. Seul Nathan semblait attristé par la nouvelle. Il s’était amouraché de la belle bien des fingeliens avant, mais une dispute avait finis par le séparer. Nogusta avait tenté de le rassurer : il essayait seulement d’oublier une autre dans ses bras, qu’aucune promesse inutile ne lui avait été faite et qu’il n’en ferait rien mais Nathan ne voulut rien savoir. Un comédien était pourtant un maître lorsqu’il s’agissait de cacher ses sentiments ou de se faire passer pour un autre, mais, après dix hivers et dix été, le jeune sinan n’arrivait toujours pas à se défaire des pensées de cette petite fille aux yeux d’émeraude et au sourire ravageur.

Il ne se passait pas un soir où il se demandait ce qu’elle pouvait faire à ce moment-là, ce qu’elle était devenue : une comtesse, une duchesse, une reine ? Malgré sa pauvreté, elle aurait su rapidement mettre la moitié des nobles de sa cité à ses bottes. Et puis son nom… Asma-Anna… C’était si joli… En fait, non, il n’aimait pas, c’était bien trop sérieux, trop triste. Peut-être qu’elle était vraiment triste ? Que sa famille a traversé quelques intempéries aussi ? Cherchait-elle le mystérieux amant aussi ? Ou peut-être n’était-elle simplement que le fruit de son imagination ? Il enfouit sa tête dans ses mains.

Delharte avait prévu de relancer une tournée au nord du pays, là où ses habitants s’affairaient rarement dans la rue, le sourire aux lèvres. Mais plus il se rapprochait du nord, plus il pensait à Elle. Cela commença à se ressentir dans ses déboires amoureux avec Cascade, commençant à trouver sa compagnie ennuyante, préférant la solitude et les rêves au bruit et aux rires de la troupe. Il mangeait très peu, riait peu aussi. Son regard était rivé sur le nord.

A chaque représentation, il essayait de repérer un visage familier parmi les spectateurs, mais rien, rien ne faisait mention de cette petite fille. Il se disait toujours qu’il serait capable de la retrouver, mais c’était si grand, si grand le Nord… Il ne se rappelait même plus du nom de la cité, perdue parmi tant d’autres…

La troupe n’arrivait plus à reconnaître le Nogusta rieur et amusant d’auparavant, ses prestations étaient mornes, sans vie, il récitait machinalement quelques lignes devant une assemblée toute aussi ennuyée que lui. Delharte lui avait pourtant bien fait comprendre qu’il devait à tout prix changer d’attitude, de revenir sur scènes et charmer le public comme il savait si bien le faire. Mais le jeune sinan amoureux s’en moquait. Il n’avait que d’yeux pour ce souvenir, ce sourire perdu... Le chef de la troupe n’eu cesse de répéter, et, pour le forcer à lui obéir il ne lui laissa que le choix de l’expulser s’il ne se donnait pas vraiment lors de la prochaine pièce.

Nogusta n’eu pas d’autres choix que de se soumettre, il n’avait nulle part où aller et préférait rester sous un toit avec de quoi manger que perdu au beau milieu d’une contrée qu’il ne connaissait que trop peu, peu rassuré par la morsure glaciale du vent et à la neige. Il attendait patiemment que le chemin de la troupe croise celui de la petite fille, ce qui devait bien arriver un jour ou l’autre.

Cité Nordique, non loin du Trépont, fingelien 375

La pièce allait pour le mieux, paysan et nobliaux éclataient de rire aux pitreries de Nogusta, de plus en plus de monde affluaient pour venir le voir, Nathan faisait les poches aux plus distraits et Delharte se les remplissait à ras-bords. Oui, tout allait pour le mieux…

… jusqu’à ce que Nogusta ne jette un œil à l’assistance.

Là, au fond, une jeune femme ressemblant étrangement à la personne qu’il recherchait depuis tant d’années se pressait pour assister à la pièce donnée. Le comédien s’arrêta brusquement dans son envol. Son sang se glaça. Il quitta l’estrade et couru en sa direction. Le public continuait d’applaudir béatement, pensant qu’il s’agissait d’une autre de ses distractions.

Delharte enrageait.

La superbe femme s’était envolée.

Le pauvre soupirant parti à sa recherche, guettant le ciel entre deux ruelles comme si elle allait descendre d’un instant à l’autre des nuées cachant sa merveilleuse beauté.

Nogusta retourna toute la ville, mais il ne trouva pas le moindre signe de vie, c’était comme si elle n’avait tout simplement jamais existée.

Il ne pouvait désormais plus se permettre de retourner à la troupe de Delharte, il devait continuer sa quête, seul.

_________________
Nogusta des Galvacci

Ex Doge du peuple sinan.

Comédien et Dramaturge selon les règles de Delharte


Merci à Feydreyah pour l'avatar !


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: Aimer est un verbe irréfléchi. [achevé]
MessagePublié: 05 Oct 2012, 01:33 
Jour 23 félinien fingelien 386 00:19
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscrit(e) le : 27 Jan 2010, 10:54
Message(s) : 99
Nogusta n'avait de cesse de fouiller les ports et les villes du Nord, depuis qu'il avait quitté sa compagnie mais jamais il ne retrouva la route de cette ville où il fit la découverte de la chose la plus adorable qu'il ai vu de sa vie.

Il travailla pour de nombreux sinans de manière à lui permettre de quoi manger, n'ayant jamais pu trouver de quoi subsister grâce aux vols et autres recels, ses aptitudes de vol étant trop insignifiante. Parmi eux se trouva un soldat repoussant cherchant toujours à s'attirer les faveurs des femmes en prétextant dominer les Landes de la pointe de sa lame. Il perdit la vie en s'échappant lâchement d'un duel provoqué par un noble sans importance qu'il avait insulté. Ce fût une bonne chose, il payait très mal Nogusta. Par la suite, il entra au service d'un vieil apothicaire fortuné éprit d'une très jeune et belle demoiselle malheureusement orpheline. Par malheur, elle n'avait que d'yeux pour Nogusta et se refusait aux promesses du vieillard, souvent tourmenté par ses serviteurs, bien plus malins que lui. Irrité en apprenant que la belle le rejetait pour son valet, il chassa Nogusta de son domaine.

Nogusta ne su jamais de ce qu'il advint des comédiens de Dellharte, ayant perdu tout contact avec eux. La pièce écrite par Corbeau en l'honneur de Nogusta étant inachevée, il dû imaginer la suite au déplaisir de Dellharte. Cascade retourna finalement dans les bras de Nathan, ils furent heureux et invoquèrent de nombreux animaux.

Cité portuaire d'Erhïn, bordant la Mer Intérieure, Fingélien 375.

Nogusta continuait d’errer telle une âme en peine en quête de son salut à travers les rues étroites de la petite ville. Il était clair que les bourgs du Nord n'avaient rien à voir aux magnifiques cités du Sud. En ce dernier lieu, il existait un quartier de misère, abritant les plus pauvres et les voleurs, tandis qu’au Nord, toute la ville logeait une population pauvre et misérable. L'architecture nordique était plus sobre et plus sombre que sa cousine sudiste. De nombreuses références à la mort, aux créatures infernales y figuraient, notamment sous forme de statue ou de tableaux lorsque de l'autre coté du pays, l'Art représentait des scènes historiques, passionnées, de simples portraits ou des paysages. Les couleurs vives étaient au quotidien parmi cette partie de la population sinane alors que les habitants septentrionaux préféraient des couleurs plus ternes dans leur tenue vestimentaire.

Le sinan avait réussi à accumuler suffisamment d’argent pour lui permettre d’avoir son propre serviteur, un jeune sinan dénommé Cameriere qui n’hésitait pas un instant avant de tourmenter un passant au grand plaisir de son maître. Nogusta se sentait mal à l'aise lorsqu'il n'avait pas quelqu'un qu'il puisse contrôler, soumettre à sa bonne volonté. La nécromancie coûtait cher et était éreintante, l'emploi d'un laquai était donc plus économique pour lui.

Assis à l'ombre d'une taverne, devant un verre de ouh'skï, une des boissons très prisée des sinans et des galdurs, il écoutait attentivement ce que le héraut annonçait en ce début de journée ensoleillé, ce qui était assez rare dans ce coin des Landes. Un certain seigneur Luxin chercherait des hommes et des femmes en quête de gloire et d'argent en Draïa. Certes, ce n'était pas un fin bretteur, mais il supposait que ses Ilôts Centraux abritait leur content d'aventuriers suffisamment stupides et naïfs pour lui permettre de s'en mettre plein les poches. Peut-être qu'Elle aussi, elle était partie là-bas.
Le sinan secoua la tête. Bah ! Elle n'existe pas, s'exclama-t-il en son fort intérieur.

C'est ainsi que les deux sinans embarquèrent pour les Ilôts, dans la perspective d'y faire fortune.

Cameriere ne survécu pas au voyage, terrassé par une maladie inconnue.

Il rencontra finalement une sinane aux traits étrangement semblables à ceux de la petite fille, et s'en enticha rapidement, en dépit de tout. Mais ceci est une autre histoire...

<HRP: UP>

_________________
Nogusta des Galvacci

Ex Doge du peuple sinan.

Comédien et Dramaturge selon les règles de Delharte


Merci à Feydreyah pour l'avatar !


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 6 messages ] 

Le fuseau horaire est UTC+1 heure [Heure d’été]


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum

Recherche de:
Aller vers :  
cron
Powered by phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduit par Maël Soucaze et Elglobo © phpBB.fr